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3 questions à Catherine Devoldère à propos de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant

Catherine Devoldère
A l’occasion des 20 ans de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE), la Fondation pour l’Enfance a organisé le 13 novembre dernier une journée sur le sujet. Catherine Devoldère* est intervenue sur le thème de la santé de l'enfant.

En quoi les progrès de la médecine favorisent-ils les droits de l’enfant ?

La durée d’hospitalisation a été considérablement réduite depuis 20 ans, favorisant les consultations et l’éducation thérapeutique, les hospitalisations de jour et les soins à domicile, tout ceci contribuant à améliorer les droits de l’enfant pour mener une vie la " plus normale " possible malgré la maladie.
Les progrès technologiques ont changé la vie des enfants dans de nombreux domaines (réanimation, néonatologie, cardiopédiatrie…), et de nouveaux traitements ont transformé le quotidien des enfants notamment pour des pathologies telles que l’asthme, le diabète et les cardiopathies.
De plus, il y a 20 ans, la prise en charge de la douleur était pratiquement inexistante faute de moyens et surtout de reconnaissance de la douleur de l’enfant. Aujourd’hui, les médicaments pédiatriques et les techniques soignantes permettent une prise en charge de la douleur optimale. Sous réserve de les mettre en œuvre, les enfants peuvent garder le sourire même pendant des soins invasifs comme une ponction lombaire. Ces évolutions ont modifié au quotidien les soins des enfants et leur vécu de l’hospitalisation ainsi que celui de leurs parents.

Quels sont les efforts à poursuivre pour mieux prendre en compte les points cités dans l’article 24 de la CIDE ?

Il faut que tout enfant soit assuré d’une prise en charge optimale de sa douleur, dès lors qu’il a besoin de soins médicaux, quel que soit son âge et le lieu de soins, ce qui n’est pas encore le cas partout.
De même les hôpitaux doivent permettre aux enfants d’avoir la présence d’un parent pendant l’hospitalisation, même en salle de réveil ou pendant les soins, et de pouvoir jouer et mener des activités en rapport avec leur âge même s’ils sont malades ou hospitalisés.
Il faut aussi lutter contre les hospitalisations des enfants dans des services d’adultes, ce qui est souvent le cas en chirurgie.
L’article 24 précise que l’enfant doit jouir du meilleur état de santé possible. Si tout enfant bénéficie d’un accueil de qualité, d’une information adaptée, d’une prise en charge de la douleur correcte, alors nous lui permettrons de devenir un adulte voire un parent sans appréhension des blouses blanches, sans phobie des soins.

Comment l’action de SPARADRAP s’inscrit-elle dans l’application de la CIDE ?

L’article 24 précise « Faire en sorte que tous les groupes de la société, en particulier les parents et les enfants, reçoivent une information sur la santé… ». Grâce aux nombreux guides et autres supports qu’elle diffuse, l’association SPARADRAP permet aux enfants et aux parents de mieux se préparer avant un soin, un examen ou une hospitalisation. De plus, en aidant les soignants à être bientraitants, par le biais des supports de formation qu’elle propose, elle permet aussi indirectement, de contribuer à respecter l’enfant et ses droits.

* Catherine Devoldère est pédiatre, chef de service de pédiatrie à l’hôpital d’Abbeville (Somme). Elle est également vice-présidente de SPARADRAP.

Pour prolonger la réflexion

Publié en novembre 2009