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Place et rôle des parents

témoignage de Lydia S., maman - 30/03/2006

En juin 2005, Sernin a eu une gastro entérite. Soignée, mais qui a trainé, parce qu'il refusait de prendre les médicaments, et aussi parce que j'étais enceinte de 8 mois. Notre médecin nous a dirigé alors vers l'hôpital.
Accueil par le personnel des urgences pédiatriques : bon.

Mais le protocole d'installation n'est pas agréable : j'ai dû insister pour rester lorsqu'on lui a posé la perf (après 30 mn de patch Emla, mais l'infirmière a recommencé 3 fois et lui a labouré le bras), et ensuite il a fallu que je le laisse seul environ 30 mn pour aller faire les papiers d'admission. Aucune autre solution : les papiers étaient indispensables dans la minute. Je l'ai donc laissé seul, perdu, dans un environnement inconnu, une perf et une attelle au bras, dans une cage soigneusement fermée. Car ils ont des lits à barreaux métalliques, à hauteur d'adultes, dont les côtés longs peuvent se baisser, et qu'ils prennent grand soin de fermer... Je l'ai laissé pleurant et affaibli, et je l'ai retrouvé pareil, en pire, bien entendu. C'est un enfant qui dort avec ses parents depuis sa naissance (nous pratiquons le cododo) et il n'avait jamais connu ce type de lit (le type zoo).

Nous avons été admis vers 19h. J'étais enceinte de 8 mois : j'ai donc eu un traitement de faveur et on m'a trouvé un repas vers 21h. J'ai eu aussi un lit près de celui de mon petit. Installation pratique. Dans la chambre un lavabo et un wc. On m'a signalé des douches à l'autre bout du couloir. La cafétéria est à l'autre bout de l'hôpital. Ce qui signifie que le personnel utilise pour lui le lavabo (c'est affiché : un savon mousse et des papiers essuies mains à leur intention). Par 2 fois j'ai utilisé les sanitaires et quelqu'un est entré sans frapper : la personne était dans un premier temps surprise de me trouver là, et ensuite s'est excusée. Ceci est un manque de savoir-vivre évident. Bien entendu je n'ai pas été me doucher, ni manger, en laissant mon petit seul. Le petit déjeuner est fourni et se compose d'une boisson chaude, de 2 biscottes et d'un peu de beurre. Rien d'autre. Enceinte c'est vraiment trop peu. Ne pourrait-on pas proposer un vrai petit déjeuner que l'on ferait payer ? Des repas (les mêmes que ceux du personnel pourquoi pas ?) qui seraient facturés ?

Les pédiatres

Ils passent à des horaires que personne ne connait (dans l'après midi..), avec un aréopage d'internes et autres. Seul le pédiatre se présente. Il regarde à peine l'enfant mais beaucoup le carnet de santé, et parle exclusivement au parent, sans prendre le temps de reformuler en un langage compréhensible pour l'enfant. Parfois ils jargonnent tellement qu'il faut leur demander une explication supplémentaire. Mais surtout ils ont abusé de mon état de faiblesse émotionnelle dû à ma grossesse et à la fatigue occasionnée par 3 semaines de diarrhées et vomissements de mon garçon. Je ne remets pas en cause leur compétence technique et médicale : ils ont voulu chercher toutes les causes possibles et ont donc multiplié les examens sanguins, scanners, tests divers... Mais, comme il n'était pas vacciné (j'attendais le DTPolio et je ne voulais pas les vaccins non obligatoires), ils m'ont dit que j'aurais les résultats des examens 3 semaines plus tard, lors d'un RDV, auquel je devais venir avec le vaccin pour que le pédiatre le vaccine. Sinon ils faisaient un signalement. A chacun de leur passage (le lendemain c'est un autre qui a tenté de me convaincre de le faire vacciner, vexé que j'ai des arguments contre les vaccins composés...) j'ai été mise en faute : soit par le manque de vaccination, rédhibitoire; soit par l'alimentation de mon fils, sûrement déficitaire puisqu'il n'était pas assez lourd ni assez grand selon leurs courbes. Personne ne m'a demandé ce qu'il savait faire, s'il était tonique, etc.

Le personnel

Personne ne s'est présenté (en disant je suis l'infirmière X, ou l'aide soignante Y) et pas d'organigramme non plus indiquant la fonction par rapport à la tenue. Un peu de compassion pour mon gros ventre car j'ai eu 2 biscottes supplémentaires le matin. Beaucoup de manque de civilité puisqu'elles sont entré 2 fois aux sanitaires sans frapper. Très peu d'empathie avec Sernin, qui pleurait parce qu'il ne voulait pas être lavé, mais qui a été pris de force, mis dans le lavabo et savonné, hurlant. J'étais là, impuissante, trop faible pour me battre pour ça ....aussi. Je m'en veux de ne pas avoir insisté pour qu'on le laisse tranquille. Il a mis plus d'un mois pour recommencer à se mettre dans la baignoire (alors qu'il aimait l'eau) après ça ! Le soir très tard mon compagnon est venu (il travaille en 3x8). Nous avons laissé Sernin, endormi profondément et attaché à sa perf, pour parler à l'extérieur, dans un patio qui donnait sur sa chambre. De là nous avons vu une infirmière venir et râler, remonter la barrière du lit... nous sommes allés à sa rencontre et elle nous a engueulé, disant qu'elle était responsable. Le lendemain j'ai eu la même remontrance. Pourquoi le personnel serait responsable alors que les parents sont là ? Pourquoi perdrais-je mon autorité parentale dans un hôpital ? Je connais mon fils, je sais qu'il dormait profondément, qu'il est attaché à un tuyau, une aiguille douloureuse, et je sais qu'il ne s'arrachera pas le bras pour descendre du lit ... d'autant plus qu'il était prostré complètement par la faiblesse physique autant que par le traitement psychologique infligé par cette épreuve ! Pourquoi l'infirmière de nuit est-elle venue toutes les 2 heures me mettre sa lampe dans les yeux pour vérifier si mon petit dormait/respirait ? J'étais là, contre lui, je lui tenais la main comme je fais quand il est mal/malade, et je l'entendais respirer ! Pourquoi accepter les parents si on ne leur fait pas confiance, on ne leur demande pas de participer aux soins, on ne leur demande pas comment va réagir leur enfant ? On m'a juste demandé s'il avait un doudou et s'il était droitier ?! 2 questions inadaptées : aucune importance le doudou puisque je suis là (et il n'en a pas), et à 17 mois il alterne gauche et droite, voilà, de plus il n'écrit pas et ne pourra pas manger puisqu'il est là pour mettre ses intestins au repos grâce à la perf ! Quand ils ont accepté sa sortie, il parvenait à se réalimenter. Personne ne m'a dit quel régime lui donner. Ni quand je pourrais connaître les résultats des examens. En fait il a rechuté la semaine suivante et nous y sommes retournés. Une interne très sympa avait vu passer le dossier et a pu nous dire qu'il n'avait pas de maladie coeliaque. Inutile de dire que je n'ai pas été au RDV pendant lequel il devait être vacciné : j'ai préféré le faire faire par mon médecin habituel. Et si jamais j'ai encore besoin d'aller aux urgences pédiatriques, je laisserais mon enfant à mes conditions seulement. Je considère que, théoriquement, les parents sont acceptés dans cet hôpital, mais dans les faits ils sont, au mieux, tolérés, au pire, considérés comme des gêneurs. Et cela dépend du personnel.