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Prise en charge de la douleur

Témoignage de Annie C., maman - 28/10/2006

Nous arrivons à 7 heures à l'hôpital, notre fils Noé, 5 ans doit se faire opérer dans la journée : opération prévue depuis un mois.
Mauvaise surprise : pas de chambre de libre pour notre petit garçon, il faut patienter dans la salle de jeux !! Nous entassons les sacs dans un coin de la pièce, on nous donne, nouveauté, un questionnaire à remplir sur les habitudes de notre enfant.
Dans la salle de jeux, beaucoup sont abîmés, puzzles aux pièces manquantes et des placards fermés à clefs détenues par l'animatrice qui n'intervient que ponctuellement.
Vers 8 heures 30 arrivent les premiers enfants hospitalisés du service : l'un deux est accompagné de sa maman qui rapidement lui dit qu'elle doit s'absenter mais qu'elle va rapidement revenir. Une fois partie, l'enfant reste prostré puis décide de rattraper sa maman. Il est ramené par une infirmière qui le pose sur un siège d'adulte, lui "colle" un jouet et s'en va. L'enfant pleure, repart dans le couloir, bien vite ramené par la même personne qui le dispute et le remet "sèchement " sur le fauteuil. L'enfant semble perdu. Je verbalise la situation : "je comprends que tu sois triste : tu te sens perdu mais ne t'inquiète pas. Ta maman va revenir bientôt (...) en attendant tu peux jouer avec nous si tu veux. D'abord réticent, et après nous avoir longuement observé jouer, il a accepté de faire rouler les voitures en attendant le retour de sa maman.
Vers 10 heures, une chambre s'est enfin libérée. A 13 heures 30 on est venu chercher Noé pour le descendre au bloc à notre grande surprise : la pommade emla n'avait pas été posé alors que Noé l'avait bien spécifié à la consultation de l'anesthésie car il avait gardé un mauvais souvenir du masque lors de ces précédentes opérations. C'est trop tard, nous a dit une infirmière sans autres explications ni excuses. Mon mari a alors haussé le ton et exigé qu'on lui mette quand même étant donné que nous avions attendu une heure devant le bloc opératoire la dernière fois !! Ce qu'elle a fait d'un air dépité.
Arrivée devant le bloc, l'anesthésiste était très surprise de l'oubli car cela était écrit en rouge sur le dossier !!! J'ai ressenti cela comme une trahison pour mon fils à qui on avait promis qu'il n'aurait pas le masque. Heureusement l'anesthésiste a dit qu'il aurait un masque qui ne sentait pas mauvais, a essayé de le faire rire en jouant avec son doudou posé à coté lui.
Au réveil sa douleur intense a été très rapidement soulagée par l'infirmière adorable qui a tout verbalisé et une psychologue est venue nous parler afin de savoir si nous n'étions pas trop anxieux.
Ce témoignage pour redire combien il est important que enfant et parent se sentent accueillis dans de bonnes conditions, qu'on tienne compte des demandes de l'enfant hospitalisé et souvent anxieux, qu'on verbalise un départ d'un parent même furtif (un enfant n'a pas de notion de temps), un soin... Éducatrice de jeunes enfants, je pense que les directeurs des hôpitaux devraient prendre conscience du rôle primordial de notre profession. Je souhaiterais vivement exercer mon métier dans un hôpital car il y a tant encore à faire mais il y a si peu de postes...