• Envoyer un mail à un ami
  • Imprimer la page

Séjour en pédiatrie

témoignage de Christel T, maman : copie du courrier envoyé à l'hôpital suite à son mécontentement. - 22/01/2006

Monsieur Le Directeur,

Je vous adresse ce courrier afin de vous signaler mon mécontentement vis-à-vis du service de pédiatrie 0 - 1 an, où mon fils Camille, âgé de deux mois, a effectué un séjour du 17 au 21 février 2004.

Mon fils, Camille, a été admis dans le service de pédiatrie le mardi 28 février en début d'après-midi, le pédiatre de l'hôpital ayant diagnostiqué une bronchiolite. J'ai souhaité rester auprès de mon fils. Plusieurs examens ont été pratiqués sur Camille.
J'ai été stupéfaite de constater que votre hôpital ne pratique pas d'échelle de douleur : vous avez effectué une conférence sur l'enfant et la douleur il y a quelques années et vous êtes censés savoir quels remèdes utiliser pour l'amoindrir. Mon fils a eu une prise de sang sans pommade anesthésiante (type emla), j'ajouterais que l'infirmière a pris un certain plaisir à essayer de faire pleurer mon fils afin que le sang afflue plus rapidement.
Dans le même registre, il m'a été fortement demandé (et pas conseillé) de sortir lors de l'examen d'aspiration des mucosités. La présence de la maman qui explique l'examen et qui rassure l'enfant semble également inconnu. Car j'ajoute qu'aucun examen n'a été expliqué à Camille, j'ai pris le soin de le faire moi-même, l'enfant est-il réellement une entité vivante ? Le personnel de ce service de pédiatrie pense-t'il, comme il y a encore quelques temps, que le bébé ou le nourrisson ne comprend pas et ne ressent pas la douleur ?
Songez à faire effectuer une formation à votre personnel sur ce thème ou au minimum à leur faire suivre une conférence, je pense que cela ne leur ferait pas de mal !

Mon fils a été mis sous ventoline avant même les résultats d'analyses. Je me demande si cela été vraiment nécessaire. Personne ne m'a demandé ce que j'en pensais. Je croyais qu'il existait une charte de l'enfant hospitalisé et que les parents avaient leur mot à dire. Mon enfant est rentré dans le cadre du protocole de la bronchiolite ? Nous n'avions donc rien à dire sur le traitement envisagé.
J'ai du demander à chaque nouveau gobelet de médicaments ce dont il s'agissait et j'ai vraiment eu l'impression que soit cela ne me regardait pas, soit cela ennuyait la personne à qui je faisais la demande (d'ailleurs les médicaments sont mélangés ensemble, donc difficile d'en retirer un !).
J'utilise pour mes enfants et moi-même l'homéopathie et je suis persuadée qu'il est toujours possible de discuter (ce que j'apprécie chez mon médecin homéopathe) de la thérapie à suivre. A l'hôpital, je n'ai eu le droit que de pouvoir donner moi-même les médicaments.

Dans la nuit du mardi au mercredi, je me suis rendue compte qu'il y avait 100 % du personnel de nuit qui se moquait éperdument de l'enfant en tant que personne. J'ai entendu pleurer un bébé du service pendant une heure, ne pouvant plus supporter que personne ne réponde à ses cris (qui étaient peut-être de douleur), je suis allée chercher une infirmière. J'ai bien sûr emmené mon fils avec moi (quand on voit ce qui se passe, on a raison de penser ce que l'on pense et il était hors de question de laisser seul mon fils une seconde). J'ai rencontré les infirmières (vous m'excuserez si je confonds infirmière, aide-soignante et autres, elles vous connaissent par votre dossier mais jamais aucune n'a pris soin de se présenter et je n'ai toujours pas pu lire leur nom sur leur petit carton) au salon en train de regarder la télévision, lire et discuter. Je me suis bien sûr fait renvoyer dans ma chambre car je n'avais pas à sortir de ma chambre avec mon fils et surtout j'ai du les déranger dans leurs activités !

A parti du mercredi matin, j'ai eu droit à de nombreuses réflexions : "ce bébé est toujours au sein" (un enfant malade a besoin de s'hydrater, de réconfort, notion inconnue dans ce service) ; "ce n'est pas comme cela que l'on lave un bébé" (c'est mon troisième enfant, je pense avoir acquis une certaine maturité et j'estime qu'un bébé n'a pas besoin d'être "lustré" tous les jours, un bain suffit !) ; "vous devez lui gratter ces croûtes de lait" (Pourquoi ? Mon avis personnel, l'infirmière s'en moque totalement). Ce jour fut relativement calme mais je souhaitais sortir et faire sortir mon fils, la pédiatre m'a conseillé l'observation. Je l'ai écoutée, elle semblait douce et compétente avec les enfants.

Le jeudi matin, Camille avait de la fièvre et perdait un peu de poids. A la visite du pédiatre, j'ai demandé quand Camille allait sortir et là, le coup de massue, la pédiatre me répond qu'il faut envisager la perfusion. Suite à cette visite, j'étais très angoissée (j'aurais pu faire une mastite et compromettre mon allaitement). J'ai contacté mon mari pour qu'il vienne me voir. Lorsque je lui ai annoncé que Camille allait être perfusé si son état continuait, il a demandé à voir la pédiatre et a discuté de cette "menace" de perfusion. La pédiatre a alors reconnu qu'elle n'aurait pas du nous parler de perfusion qu'il s'agissait de cas extrême.
Bien, mais si nous n'avions rien dit, nous aurions vécu avec cette épée de Damoclès au-dessus de notre tête et peut-être aurions-nous transmis notre angoisse à Camille qui au lieu d'aller mieux, ce serait mis à refuser le sein, à vomir ou autres ? Ce même jour, la kiné m'a dit qu'il fallait que je mette Camille dans son lit pour dormir car celui-ci était incliné et que c'est ce qu'il lui fallait pour dormir et guérir. Depuis quand le fait de faire dormir un bébé dans son lit fait-il guérir ? Les bras de maman pur dormir son mille fois mieux : inclinaison correcte, chaleur humaine et odeur connue de la maman.
Cette réflexion n'était pas anodine, toutes les infirmières rencontrées durant le séjour de Camille m'ont au moins dit une fois : "il ne dort pas dans son lit celui-là ?". Non, mon fils ne dort pas dans un lit à barreaux, est-ce obligatoire ? Y a-t'il une loi ? Rien. Mais, là encore, tout le monde a donné son avis et m'a fait comprendre que cela n'était pas normal. Quel respect des autres. Le fait que je porte mon fils ne semblait pas non plus convenir à tout le monde, et pourtant, mon fils avait inclinaison idéale ! Et encore heureux que je le portais car à être sans arrêt réveillé comment aurait-il pu se rendormir ?