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3 questions à Catherine Devoldère

Portrait de Catherine Devoldère
Catherine Devoldère, pédiatre et médecin chef de pédiatrie au Centre Hospitalier d'Abbeville (80), est présidente de l'association SPARADRAP.
A l'occasion de la sortie du nouveau guide "La première consultation gynécologique", notre présidente revient sur cette nouvelle orientation de l'association en direction des adolescents.

Pourquoi SPARADRAP choisit-elle aujourd'hui de s'adresser aux adolescents ?

L'association SPARADRAP s'est spécialisée depuis sa création dans l'édition de documents pour les enfants, mais les adolescents ont, eux aussi, besoin d'être guidés dans le monde de la santé. Les adolescents dont je m’occupe se posent de très nombreuses questions auxquelles ils n’ont pas de réponses.

Il est vrai qu’il existe déjà des documents sur la santé pour les adolescents, mais ils concernent le plus souvent des sujets qui « dérangent » comme les conduites à risque: les addictions, la sexualité… Il y a moins de supports qui abordent leurs préoccupations quotidiennes.

L’association souhaitait depuis longtemps mettre son expérience au service des adolescents. Il aura fallu une opportunité pour se lancer effectivement dans l’aventure.

Pourquoi un document sur la première consultation gynécologique ?

C’est l'un de nos partenaires, la MGEN, qui nous a sollicités pour travailler sur ce sujet. Cela entrait précisément dans l’axe de travail de SPARADRAP qui est d’aborder la santé par le biais d’examens ou de soins. De plus, il n’y avait aucun document existant sur ce sujet précis.

La première consultation gynécologique est un enjeu de santé publique. Les jeunes filles sont souvent anxieuses à l’idée d’aller voir un gynécologue et elles ont beaucoup d’idées fausses, ce qui les pousse parfois à éviter cette consultation. Dans l’information santé pour les adolescentes, on aborde volontiers le sujet de la contraception ou de la sexualité mais moins les problématiques liées au corps, notamment à l’intime. Les jeunes filles ne vont pas spontanément aborder ces questions, que ce soit avec leur médecin généraliste ou même avec le gynécologue qu’elles consultent surtout pour la contraception.

Dans le cadre de mon activité professionnelle, j’ai pu me rendre compte que les adolescentes se posent beaucoup de questions et qu’il faut leur offrir la possibilité de les exprimer. C’est important de leur dire qu’elles peuvent en parler, quelles questions elles peuvent poser, et pas uniquement autour de la sexualité. Par exemple, certaines s’interrogent sur les douleurs des règles ou ont des inquiétudes sur le fait d’avoir des seins asymétriques, elles se demandent si elles sont normales…

Le guide les autorise à poser ces questions à des professionnels et leur précise à qui elles peuvent s’adresser. Il insiste aussi sur la notion de confidentialité.

L'association a-t-elle d'autres projets à destination des adolescents ?

Oui, nous voulons poursuivre cette nouvelle orientation. Nous souhaitons notamment proposer aux adolescents un guide sur la migraine car celui qui existe s’adresse plutôt aux enfants.

Nous voudrions aussi créer un guide sur les soucis des ados, bien spécifiques à cet âge-là, qui viendrait en complément de celui que SPARADRAP a déjà réalisé pour les plus jeunes.

S’adresser aux adolescents nous conduit aussi à réfléchir à la mise en place de supports plus adaptés aux nouvelles générations, telles que les applications pour les smartphones ou l’Internet.

Publié en juin 2012