Comment aider mon bébé lors des soins ou des examens

Dès les premiers jours votre bébé peut faire l'expérience de l'inconfort ou de la douleur lors d'un soin ou d'un examen... Bien sûr, la douleur fait partie des expériences de la vie et il n'est pas possible de la supprimer totalement, mais la douleur provoquée par les soins ou les examens est, dans la majorité des cas, prévisible. Il est donc possible de l'éviter ou de l'atténuer, même quand ces gestes sont réalisés en urgence. Vous trouverez dans cet article des conseils pour aider votre bébé lors de soins ou d'examens douloureux, en complément des moyens utilisés par les professionnels.

 

 

Pourquoi aider votre bébé ?

On sait que les bébés ressentent la douleur, peut-être même plus qu'un adulte ou qu'un grand enfant ! Les bébés possèdent déjà toutes les connexions nerveuses pour ressentir la douleur mais pas encore les moyens de s'en défendre.

La mémoire de la douleur existe, même chez les bébés. Après des soins douloureux qui se sont mal passés, certains enfants peuvent craindre pour longtemps les "blouses blanches".

Peur et douleur sont liés : la peur, la surprise, la séparation, la présence d'inconnus, l'inconfort aggravent la perception de la douleur. Le bébé n'a pas les moyens de faire la différence entre "être" mal et "avoir" mal... La douleur est aussi une émotion !

Votre rôle de parent est important : vous êtes les mieux placés pour rassurer votre bébé. C'est vous qui le connaissez le mieux et votre présence est son meilleur soutien.

 

 

Avant le soin ou l'examen

Si le soin ou l'examen doit être pratiqué en ville, sur rendez-vous

Lorsque le soin ou l'examen doit être pratiqué dans un cabinet, un laboratoire ou un centre de radiologie en ville, faites-vous conseiller par votre médecin ou renseignez-vous au moment de la prise de rendez-vous : des moyens antalgiques sont-ils prévus ? Pouvez-vous être présents lors du soin ou de l'examen ? Le soin peut-il être réalisé par un professionnel spécialisé dans la prise en charge des enfants ?

 

Vous sentir en confiance...

Pour soutenir au mieux votre bébé, il est important de vous sentir en confiance avec la personne qui va faire le soin ou l'examen. Ce n'est pas toujours facile car vous ne maitrisez pas la situation. De plus, vous êtes peut-être inquiets, impressionnés, mal à l'aise...

Idéalement, le professionnel vous informe et vous explique :

  • pourquoi ce soin ou cet examen doit être réalisé,
  • comment il va se dérouler précisément et combien de temps il va durer,
  • ce qui est prévu pour éviter la douleur,
  • si vous pouvez être présent pendant le soin ou l'examen,
  • si oui, comment vous placer près de votre bébé sans gêner le soin et comment l'aider,
  • s'il s'agit d'un examen, qui vous donnera le résultat et quand.

Ce que vous pouvez faire :

Posez des questions afin de bien comprendre et mieux vous préparer pour aider votre enfant. Si le geste est programmé, vous pouvez noter à l'avance vos questions.

Parlez de vos inquiétudes, signalez des soins ou des examens difficiles que votre enfant a déjà vécu. Le professionnel pourra en tenir compte et pourra mieux vous accompagner.

 

Veillez au confort de votre bébé

Si le soin ou l'examen est programmé, vous pouvez :

  • prévoir un biberon ou un petit goûter,
  • apporter son doudou, sa tétine ou tout autre objet qui le rassure,
  • l'habiller de façon pratique, s'il doit être déshabillé,
  • emporter une couche de rechange au cas où,
  • informer le soignant des habitudes de votre enfant (s'il suce son pouce par exemple),
  • dans la mesure du possible, essayer d'organiser votre journée pour éviter d'être stressé (si le rendez-vous devait se prolonger par exemple).

 

Prévenez votre bébé

Peu de temps avant le soin ou l'examen, vous pouvez expliquer à votre bébé ce qui va se passer, avec des mots simples, même s'il est tout petit.

 

 

Pendant le soin ou l'examen

Distraction d'un bébé par son pèreVous utilisez déjà de nombreux moyens pour aider, rassurer ou consoler votre bébé dans la vie de tous les jours. Ce sont les mêmes gestes, les mêmes attentions, associés au savoir-faire des professionnels qui permettront de soutenir et soulager efficacement votre bébé.

Rester en contact

Vous pouvez aider votre bébé en gardant le contact avec lui, par la voix, le regard, le toucher...

  • en le portant tout contre votre peau (pour les nouveaux-nés),
  • en le gardant dans vos bras ou sur vos genoux, lorsque c'est possible,
  • en lui faisant un câlin, une caresse,
  • en lui chantant une comptine, une berceuse,
  • en lui parlant tout le long du soin ou de l'examen.

Vous pouvez aussi lui permettre de téter (une tétine, ses doigts, son pouce), lui donner son doudou ou lui faire sentir un foulard imprégné de votre odeur ou de votre parfum.

> Pour des informations complètes sur l'installation, voir le dossier : "Bien m'installer avec mon enfant lors d'un soin"

 

Pour aider les plus petits

Vous pouvez parfois donner une tétée pendant le soin ou l'examen : cela limite réellement la douleur du nourrisson. Il faut mettre le bébé au sein 2 minutes avant de commencer le geste. Si vous n'allaitez pas ou si allaiter n'est pas adapté à la situation, il est possible d'obtenir le même effet en donnant au bébé une solution sucrée, associée à la succion (voir ci-dessous).

 

Pour aider les plus grands

Vous pouvez distraire votre enfant avec un jouet, une peluche, un objet qui fait de la lumière ou du bruit, faire des bulles de savon ou lui raconter une histoire.

> Pour des informations complètes sur la distraction, voir le dossier : "Distraire mon enfant lors d'un soin, d'un examen"

 

Après le soin ou l'examen

Quelque soit son âge, vous pouvez prendre votre bébé dans vos bras, lui dire que c'est fini et le consoler si besoin.

 

 

Les moyens à la disposition des professionnels

Les différents moyens utilisés par les professionnels sont complémentaires à ceux que vous apportez à votre bébé.

L'organisation des soins et du matériel

Jeu pour distraire pendant un soin au CHU de RennesLes professionnels sont formés à l'accueil des bébés.

  • Ils sont attentifs à organiser les soins pour limiter la douleur (par exemple en regroupant les examens quand c'est possible, pour éviter de faire plusieurs prises de sang).
  • Ils utilisent du matériel adapté aux tout-petits (garrots, aiguilles, pansements...).
  • Ils disposent de jeux (marionnettes, poupées, peluches...) pour expliquer et montrer à l'enfant ce qui va se passer ou pour le distraire pendant le soin.
     

Les solutions sucrées (dès la naissance et jusqu'à 4 mois)

Associées à la succion d'une tétine, elles permettent de réduire ou de supprimer la perception de la douleur pendant quelques minutes.

Avant le soin ou l'examen, on dépose 1 ou 2 ml d'une solution sucrée concentrée sur la langue du bébé, puis on lui fait sucer une tétine. L'effet anti-douleur est efficace au bout de 2 minutes.

Si votre bébé n'est pas suffisamment soulagé ou si le soin se prolonge, il est possible de lui en redonner.
 

La crème anesthésiante (dès la naissance)

Elle permet d'anesthésier la peau à l'endroit où doit être faite une piqûre ou certains soins dermatologiques.

Important : il faut mettre la crème au moins 1 heure et demie avant le soin ou la piqûre.
 

Les médicaments anti-douleur (selon l'âge et le poids de votre bébé)

Les médicaments qui agissent contre la douleur s'appellent des antalgiques (paracétamol, ibuprofène…). Tous ne peuvent pas être donnés dès la naissance.

Si on vous a demandé de donner un médicament à votre bébé avant le soin ou l'examen en prévention, ou après, pour lutter contre la douleur, voici quelques conseils :

  • votre bébé semble bien soulagé : il est important de continuer à donner la quantité de médicament prescrite en respectant les intervalles de temps. En effet, il est plus facile d'empêcher la douleur d'apparaître que de la traiter quand elle est là.
     
  • votre bébé semble avoir mal malgré le traitement : n'hésitez pas à prévenir le médecin ou l'équipe soignante, pour éventuellement modifier la quantité ou vous faire prescrire un médicament plus efficace.

> Pour plus d'informations sur les médicaments anti-douleur, voir le dossier : "Que faire si mon enfant a mal ?"

 

Le MÉOPA

On peut parfois proposer à l'enfant de respirer du MÉOPA (mélange équimolaire d'oxygène et de protoxyde d'azote) dans un masque. Ce mélange ne fait pas dormir, mais il permet de supprimer ou d'atténuer la douleur lors de certains soins ou examens : ponction lombaire, pansements difficiles, soins de brûlure, cystographie...

Il est proposé à l'hôpital, principalement à partir de 3-4 ans, mais il peut parfois être utilisé chez l'enfant plus jeune.

Voir aussi

Le MÉOPA pour avoir moins malLe MÉOPA pour avoir moins mal

Cette fiche explique ce qu'est le MÉOPA, qui permet de soulager la douleur pendant certains soins, ainsi que l'utilisation du masque. Une page est réservée aux questions des parents.
> Feuilleter la fiche en ligne.

 

 

 

L'anesthésie générale (quand c'est nécessaire)

SI votre bébé doit rester parfaitement immobile pour les besoins du soin ou de l'examen, ou si le soin prévu doit être particulièrement douloureux, le médecin peut décider de le faire sous anesthésie générale.

> Pour plus d'informations sur l'anesthésie générale, voir le dossier : "Mon enfant va être opéré sous anesthésie générale"

 

 

Dans certains cas particuliers

Si vous ne pouvez pas être là

SI vous ne pouvez pas être présent pendant le soin ou l'examen, prévenez votre enfant, même s'il est tout petit et dites-lui que vous le retrouverez ensuite.
Bien sûr les professionnels seront attentifs à aider au mieux votre bébé.

Si vous hésitez à être présent car vous avez peur d'être impressionné(e) par le soin ou l'examen, une solution peut être de vous concentrer sur le visage de votre bébé, sans regarder ce que fait le professionnel. Vous pouvez également choisir de sortir de la pièce si jamais vous êtes trop mal à l'aise... et revenir dès la fin pour retrouver votre bébé et le rassurer, le consoler.
 

Si votre bébé semble affolé et n'arrive pas à se calmer

Il peut arriver que votre bébé pleure et s'agite alors que tous les moyens disponibles pour l'aider ont été déployés.

Lorsque c'est possible, interrompre le geste pour laisser votre enfant se calmer, peut permettre de faire une nouvelle tentative dans de meilleures conditions.

Mais si le soin ou l'examen doit être fait sans tarder, vous et les professionnels aurez fait votre maximum. Enfin un enfant qui manifeste beaucoup d'agitation ne sera pas obligatoirement "marqué" par l'incident.
 

Si l'accueil ne vous semble pas adapté

Malgré les progrès réalisés dans la prise en charge de la douleur, il peut arriver que vous soyez déstabilisés par l'attitude de certains professionnels : accueil précipité, manque de dialogue, pas ou peu d'informations données, absence de moyens pour soulager votre enfant, refus de vous laisser assister à l'examen ou au soin...

Si c'est le cas, essayez d'en parler avec la personne qui va faire le soin ou l'examen. Le dialogue est le meilleur moyen de retrouver la confiance, et un soin non urgent peut parfois être décalé pour être fait dans de meilleures conditions.
 


Auteurs

Caroline Ballée, chargée de projets numériques
Sandrine Herrenschmidt, graphiste et illustratrice

Cet article est une adaptation du guide "Soins et examens douloureux : comment aider votre bébé ?", créé en 2007 par l'association SPARADRAP et le Dr Valérie Biran, de l'hôpital d'enfants Armand Trousseau (ce guide n'est plus diffusé).

 

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Création : janvier 2022

 

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