Centre Hospitalier de Cholet - Chirurgie et anesthésie ambulatoire

Un médecin regarde un livre avec une petite fille hospitaliséeL’équipe a mis en place un dispositif de distraction pour diminuer le stress, l’agitation et les pleurs des enfants lors de l’anesthésie au masque. Lors de la consultation d'anesthésie, un feuillet de recueil d'informations est remis aux parents et récupéré le jour de l'intervention. Il est demandé aux parents d’y noter quels sont leurs moyens pour calmer leur enfant et quels sont ses centres d'intérêt : chansons, personnages, animaux…

 

 

Fiche signalétique

Établissement

Centre Hospitalier de Cholet 

Unité de Chirurgie et d’Anesthésie Ambulatoire 

1, rue Marengo 49300 CHOLET

Responsable du service

Dr Maryse BARREAU AGUILLERA

Porteurs du projet

Sophie Arnault, infirmière-anesthésiste

Gilles Rossi, cadre infirmier

Brigitte Marcheteau, aide-soignante

Martine Chauvet, aide-soignante

Valérie Besnard, infirmière-anesthésiste

Sébastien Ripoche, infirmier-anesthésiste

Marie-Dominique Valton

 

 

Présentation du projet

Objectifs

  • Promouvoir et faciliter l’utilisation de la diversion lors de l’induction anesthésique au masque chez l’enfant grâce à un feuillet questionnaire (en annexe).
  • Mesurer l’efficacité des techniques de diversion grâce à une fiche d’évaluation (en annexe).
  • Au regard des résultats, pérenniser la démarche.

Public(s) concerné(s)

Tous les enfants de 1 à 12 ans devant se faire anesthésier.

Méthodes utilisées

1 - Recueil des informations auprès des parents sur les centres d'intérêt de leur enfant et les moyens qu'ils utilisent pour le calmer grâce à un feuillet remis lors de la consultation d'anesthésie et récupéré par l'équipe d'anesthésie le jour de l'intervention.

2 - Le feuillet contient également un mandala à colorier. L'enfant est invité à le colorier la veille de l'intervention et à le ramener le jour de l'intervention.

3 - Accueil de l'enfant à son arrivée au bloc.

4 - Proposition de moyens de distraction en adéquation avec les souhaits de l'enfant et/ou en fonction de la sélection des moyens de distraction préétablie par l'équipe.

De 1 à 2/3 ans :

  • Le bercement (endormi sur les genoux)
  • La chanson (comptines)
  • La caresse sur la joue ou la main
  • Le jouet musical, visuel et tactile
  • Un livre d’images animées

De 2/3 ans à 6/7 ans :

  • Chansons d’école maternelle
  • Récit d’une histoire en intégrant l’enfant (princesse, chevalier)
  • Utilisation du ballon d’anesthésie ou de l’écran du respirateur (diversion visuelle)
  • Évocation d’un animal familier lors de l’induction, ex : « tu imagines ton chat ou chien près de toi et tu le caresses doucement… »
  • Le jouet musical, livre animé où livre personnel

De 6/7 ans à 10/12 ans :

  • Musique d’ambiance (CD de l’enfant).
  • Histoires liés aux goûts de l’enfant, qui guide l'équipe pour le rassurer (animal familier, loisir ou activité préférée)

Moyens nécessaires

  • feuillet de recueil de données et mandalas sur support papier
  • Outils nécessaires à la diversion de l’enfant : internes au service (jouets musicaux à disposition, livre animé) ou apportés par l’enfant (CD, doudou, livres…)
  • Utilisation du logiciel statistique DATA Base© pour l’analyse des résultats

     

 

Pérennisation

  • Réunions : présentation du concours et du feuillet questionnaire auprès de tous les membres de l’équipe pour un meilleur investissement dans le processus d’accompagnement de l’enfant
  • Rédaction d'un protocole : « Démarche d’accueil de l’enfant au bloc opératoire » (en annexe)
  • Valorisation et systématisation du dispositif : l’inscription au concours sur les moyens de distraction organisé par SPARADRAP est un «défi» valorisant pour toute l’équipe et le feuillet questionnaire est une aide stimulante pour varier et adapter la diversion

     

 

Évaluation

Une étude a été réalisée auprès de 80 enfants.Les tranches d’âge représentatives sont les 0/3 ans (51%) et les 4/7 ans (47%), les autres étant non significatives.77% des enfants sont calmes à l’induction d’anesthésie (pose du masque sur le visage) contre 23% agités.

Les diversions les plus utilisées sont :

  • le chant, le bercement et l’histoire pour 56%
  • le ballon d’anesthésie et l’écran du respirateur pour 29 %
  • le CD, le jouet musical et le livre animé pour 10 %

97 % des enfants ayant colorié le mandala sont calmes à l’induction anesthésique (soit 82 % des 4 ans et +). Pour ceux qui n’ont pas colorié le mandala,38 % d’entre eux sont agités à l’induction d’anesthésie (en annexe ). On peut supposer que le coloriage du mandala permet une meilleure adhésion de l’enfant à la diversion.Une enquête (en annexe) auprès des professionnels utilisant la diversion au moment de l’induction au masque complète l’étude, et montre à l’unanimité que le questionnaire les aide à rentrer en contact avec l’enfant et à utiliser une diversion adaptée à ses goûts.

 

 

Analyse

Difficultés rencontrées, écueils à éviter

L’étude d’observation entreprise reste un outil difficile à interpréter par trop d’informations demandées et un manque de clarté dans les résultats attendus. La question centrale ne fut déterminée qu’après l’étude.Il aurait été intéressant d’observer les enfants sans utilisation de la diversion pour avoir un élément de comparaison.L’activité croissante du service, au moment de l'étude, une réorganisation de travail et une moins bonne cohésion d’équipe temporaire ont été des éléments perturbateurs dans l’investissement professionnel, la motivation et la présence auprès des enfants lors de leur accueil.

Conseils, astuces, recommandations

Une bonne cohésion d’équipe, une disponibilité d’esprit auprès de l’enfant et tous les moyens mis en place en amont facilite la prise en charge de l’enfant. Sa mise en confiance permettant une utilisation de la diversion plus aisée.Pour adapter les différentes diversions, un article (Hypnose en pédiatrie) a permis de s’inspirer des méthodes d’hypnose décrites suivants les âges des enfants dans la revue Oxymag n°103, encadré 1, page 16.

Points forts

  • Réalisation d’un protocole précis : recueil des centres d’intérêt de l’enfant lors de la consultation, transmission des informations, analyse des diversions les plus utilisées…
  • Le fait de solliciter les parents sur les habitudes de leur enfant et sur ses centres d'intérêt, valorise leur participation et permet de créer un climat de confiance entre parent, enfant et soignants.
  • Travail d’évaluation de l'efficacité des méthodes de distraction auprès de 80 enfants.